Patrice Jeener (La Motte Chalancon, France)
Entre en 1963 à l’École des Beaux Arts, dans l’atelier de gravure au burin. Boursier à Venise sur la recommandation de son professeur, Flocon. Il est peutêtre aujourd’hui l’un des derniers artistes maîtrisant les techniques de ce mode d’expression, la gravure : un homme rare.
Déjà influencé par les œuvres de Escher et le traité de Flocon sur la perspective curviligne, il découvre au Palais de la Découverte et à l’Institut Henri Poincaré des modèles de fonctions mathématiques en plâtre, et décide de s’en inspirer. Tout en étudiant les mathématiques en autodidacte, il s’emploie à représenter en gravures, de manière exacte, les nombreux objets remarquables rencontrés par les mathématiciens. Son œuvre très riche se rapporte bien sûr à la géométrie et à la topologie. Ses domaines de prédilection sont les polyèdres, les objets topologiques liés au retournement de la sphère, les surfaces minimales. Mieux que bien des universitaires, il aura fait lui-même œuvre de mathématicien pur, découvrant de nouvelles surfaces minimales et généralisant des objets classiques, tels que, par exemple, la bouteille de Klein.
« L'ordinateur me sert pour tracer les surfaces à partir de leurs équations paramétriques. A mes débuts, j'utilisais le langage Basic : il a l'avantage de pouvoir être facilement programmé. Aujourd’hui, j’emploie le plus souvent des logiciels en lignes permettant d'obtenir des figures plus réalistes.
Les figures sont ensuite imprimées sur de simples feuilles destinées à être décalquées, afin de mettre en valeur certains aspects des modèles. Il reste ensuite à reporter sur le cuivre les points essentiels avant de commencer à graver. »
Patrice Jeener réside à La Motte Chalancon, charmant village de la Drôme Provençale, entre Vercors et Baronnies. |